Daniel fait partie des guides de pêche professionnels bien connus en France, et j’avais eu l’occasion de le croiser plusieurs fois sur Internet, et lors du dernier Salon Européens de Pêches en Mer de Nantes, nous avons discuté de vive voix. Nous avions alors convenu d’une sortie avant l’été.
Au mois de mai, après avoir retourné nos agendas dans tous les sens, nous avions planifié une sortie pour le 9 juin. Rendez-vous était donc pris à 06h00 au ponton à Port Louis, pour une sortie en mer. Habitant dans le nord de la Bretagne, je décide d’aller passer la nuit dans un hôtel du coin, plutot que de faire les 2 heures de route en plein milieu de la nuit.
05h15, le réveil sonne après une nuit courte. Une douche rapide, et direction le port. J’arrive en même temps que Daniel à 06h00 pile. Nous commençons à décharger de la voiture le fagot de cannes Tenryu, le bidon d’essence et un peu de matériel. Les deux autres clients de Daniel arrivent, nous serons 4 à bord. Daniel possède un Cap Camarat Open de 5m75, équipé avec un combiné sondeur/GPS Humminbird. Il prends le temps de préparer le bateau, de ranger les cannes dans les rateliers, et nous quittons Port Louis vers 06h20, juste avant le lever du soleil.
Nous nous rendons sur un premier spot, entre Lorient et l’ile de Groix, Daniel prends le temps de bien nous expliquer la zone, et comment nous allons y pêcher. Nous commençons avec des petits jigs dans une trentaine de mètres d’eau. Quelques tapes timides, mais rien de bien concluant. Daniel nous explique comment optimiser le maniement de nos jigs, suivant le modèle que nous avons au bout de la ligne, très instructif. Au bout de deux ou trois dérives, toujours pas de touches franches, et cinq ou six bateaux de pêcheurs plaisanciers arrivent sur zone, et commencent à pêcher à la traine dans tous les sens. Nous ne trainerons pas (c’est le cas de le dire) plus longtemps sur ce spot, que nous quittons pour une zone plus rocheuse, et plus proche de la côte.
Nous passons alors avec des leurres plus light, Daniel nous fait mettre des X-Layer couleur Ayu. Et nous conseille une fois de plus sur le maniement. C’est très instructif, je suis loin d’être un débutant, mais je suis loin d’être un pro de la pêche aux leurres, et Daniel corrige des détails (lancer), des petits points sur la façon de manier tel ou tel type de leurres. J’observe la façon dont il conseille ses deux autres clients, beaucoup moins habitués que moi au maniement des leurres, c’est toujours très juste, et très pédagogique.
Dès la deuxième dérive, deux cannes se plient quasiment en même temps, un bar de 55cm pour le premier, et une belle bagarre pour le deuxième, quelques beaux rushs qui font chanter le frein du Twinpower à plusieurs reprises, et au final un joli bar de 65cm. Pour la plus grande joie de son client dont c’était le premier bar aux leurres (il était plutot habitué de la pêche aux vifs).
Sur les quelques dérives deux autres bars seront sortis, un de 40cm qui repartira grandir (Daniel ne conservant que les poissons au dessus de la maille biologique de 42cm), et un de 52cm qui sera remis à l’eau. En effet un prélèvement raisonné de deux poissons par pêcheur et par sortie est la règle à bord, et le client préfère tenter un plus gros bar, donc remise à l’eau de ce 52cm qui repartira grandir. Sur les dérives qui suivront je piquerais un petit lieu d’un peu moins d’un kilo, et quelques tacauds viendront se battre sur nos X-layers. Daniel me sort alors de sa boite un petit leurre souple que je ne connais pas, « il est tout nouveau » me dit-il, j’ai beau essayer de tanner Daniel, pas de nom, pas beaucoup plus d’infos, à priori c’est un leurre de « pré-série »
Monté avec une petite tête 10g, il est un peu léger pour aller au fond, mais on y arrive, il semble bien réactif, la nage est sympa, mais il n’attirera que les tacauds car les bars semblant avoir quitté la zone, nous la quittons aussi pour un poste plus au large.
En cours de route Daniel continue ses cours et ses conseils, et nous aurons droit à une démonstration des noeuds qu’il présente sur Internet.

Arrivé sur le spot plus au large, nous changeons de leurres, les deux autres clients tentent des petits jigs différents, et je me lance sur du shad pour voir… Ca ne traine pas, un lieu se jette sur mon shad rose, remonté de 30m, il ne pourra malheureusement repartir et sera gardé. Nous enchainerons les touches, les lieus, les tacauds, une vieille, et tout ce beau monde réussira à repartir grandir malgré les 20 à 25m de fond.
Le soleil est maintenant plus haut et les touches sont de moins en moins nombreuses, ce sera l’heure de la pose casse-croute, moment convivial et très sympa. Daniel décide de changer de spot, nous nous rendons sur une épave. Nous commençons à préparer les cannes quand arrive un bateau, un club de plongée, le bateau fait des ronds pour rechercher l’épave et se prépare à mettre ses plongeurs à l’eau. Inutile pour nous d’insister, avec 10 plongeurs au fond, nous ne risquons pas de prendre grand chose … Nous quittons donc le spot pour aller prospecter une zone rocheuse plus proche de la côte.
Sur le trajet Daniel remarque des oiseaux qui tournent, une chasse ? Nous nous approchons, mais les oiseaux sont des goélands et ne semblent pas chasser. De plus près nous appercevons quelque chose dans l’eau, un dauphin ? un petit cétacé ? C’est vraiment gros, et à notre grande surprise, nous voyons une tortue luth d’environ 1m80 de long, pour 1m50 de large, en train de nager doucement. Nous restons à 3 ou 4 mètres, et nous l’observons pendant 5 minutes. Elle ne semble pas effarouchée, mais quand nous déciderons de nous rapprocher à 2 mètres elle plongera tranquilement après une dernière inspiration en surface. Rencontre magique.
Le dernier spot ne donnera rien, nous aurons beau essayer plusieurs techniques (volée, gratter), aucun poisson ne daignera se monter, et nous regagnerons Port Louis vers 13h30.
Cette sortie a vaiment été très intéressante, j’y ai trouvé vraiment ce que j’attendais: des conseils sur les techniques , sur le matériel et sur la façon de l’utiliser, le tout dans une ambiance très conviviale. Je connaissais le côté « bon vivant » de Daniel de part ses interventions sur Internet, mais j’ai eu le plaisir de découvrir un guide à l’écoute de ses client, un guide qui sait se montrer pédagogue et plein de bons conseils. Le niveau de pêche était disparate entre nous trois, et Daniel a vraiment su s’adapter à nos niveaux respectifs. Chapeau. La météo était au rendez-vous, les spots intéressants et très bien expliqués par Daniel, et la rencontre avec la tortue a été la cerise sur le gateau
Cela m’a aussi permis de tester différents modèles de canne Tenryu, c’est vraiment sympa de pouvoir tester plusieurs modèles à la suite dans les mêmes conditions.
Merci Daniel pour cette sortie.













