Certains spots de pêche s’avèrent très intéressants pour la pratique du surfcasting car ils ont la particularité de présenter une même caractéristique : la présence de courants permanents.
Ces courants sont nettement visibles et facilement repérables surtout près des embouchures du Rhône (Petit Rhône et Grand Rhône), que ce soit à leur périphérie immédiate ou à distance de celles-ci sur les plages environnantes. Ils sont orientés d’Ouest en Est et peuvent être encore plus soutenus si le vent souffle dans le même sens.
Pêchant souvent avec un montage coulissant (mais ne dédaignant pas pour autant les montages à empiles) je me suis vite rendu compte que ce type de montage supportait mal les forts courants : emmêlement fréquents, obligation de raccourcir le trainard au risque de perdre en discrétion. Je tentais donc d’améliorer mes montages en utilisant tous types de coulisseaux mais cela ne me convenait pas. En effet, pour pouvoir maintenir la ligne dans le courant il fallait utiliser une plombée conséquente, plombée que les coulisseaux ne supportaient que moyennement lors des lancers.
Las de renouveler très souvent ces « chers » coulisseaux, je décidais d’imaginer le montage idéal. Mais au lieu de trouver le montage idéal, j’ai en fait imaginé une « tête de ligne » pouvant remplacer avantageusement les coulisseaux. Une fois mise au point, cette tête de ligne est devenue le socle commun à plusieurs montages, qui sont exclusivement des montages coulissants auto-ferrants.
Par extension, j’ai même utilisé ces montages sur des spots sensiblement différents mais soumis aussi à des courants : les digues en général et surtout les digues des ports. Ces ouvrages peuvent générer des courants et les canaliser par la même occasion, surtout si le vent et la houle accentuent le phénomène.
Les objectifs recherchés étaient les suivants :
- rigidité : le but étant de remplacer les coulisseaux
- solidité : le montage devant supporter des plombées importantes
- économie : plus de coulisseaux
Après mûre réflexion le choix d’utiliser du nylon s’est imposé et surtout du nylon de fort diamètre (60/100). Bien que les montages issus de cette astuce puissent paraître peu discrets, cela ne m’empêche pas de les utiliser par mer calme, avec succès.
La particularité de cette tête de ligne est qu’elle fait office d’anti-emmêleur. Ses principaux intérêts sont de combiner les avantages d’un coulisseau (écartement du trainard par rapport au corps de ligne, emmêlement du trainard réduit) et d’ajouter une dose de discrétion car rappelons-le cette tête de ligne est constituée exclusivement de nylon.
Les accessoires nécessaires à la confection de cette tête de ligne sont :
- du nylon en 60/100
- un sleeve (diamètre 1,2 mm, longueur environ 1 cm)
- deux perles molles (diamètre 4 mm)
Penser aussi à prévoir :
- une règle ou un mètre
- une paire de ciseaux
- une paire de pinces (pour sertir le sleeve)
Etape 1 :
Dévider le fil de la bobine de nylon et insérer sur le fil les deux perles molles puis le sleeve.

Etape 2 :
Mesurer une longueur de 50 cm de fil en prenant soin de maintenir les perles molles et le sleeve vers la bobine de fil. Marquer avec le pouce la distance ainsi mesurée et former une boucle de 4 cm environ de long avec le nylon (au-delà la boucle sera moins rigide).

Se servir du pouce pour maintenir la boucle. Peu importe comment on forme la boucle, avec le fil par dessus ou par dessous (pour les droitiers comme moi, il est préférable de passer le fil par dessus).

Etape 3 :
Avec le bout de nylon restant, passer le fil à l’intérieur de la boucle.

Tendre progressivement le fil afin qu’il s’enroule autour du fil de la boucle.

Etape 4 :
Recommencer l’étape 3 jusqu’à faire trois tours complets autour de la boucle. Cela permet de rigidifier la boucle.



Etape 5 :
Remonter le sleeve vers la boucle et insérer le bout de nylon restant dans celui-ci. Ajuster les deux brins de nylon et remonter le sleeve jusqu’à ce qu’il se trouve en dessous de la boucle.

Etape 6 :
Avec la paire de pinces, écraser d’abord une extrémité du sleeve sur une distance de 3 ou 4 mm.


Puis écraser l’autre extrémité du sleeve (toujours sur 3 ou 4 mm) en veillant à ce que le sertissage se fasse perpendiculairement au premier.


Etape 7 :
Couper l’excédent de fil et laisser un ergot de 3 à 5 mm.

Etape 8 :
Remonter la première perle directement sur le sleeve : elle se retrouvera bloquée par la déformation du sleeve (côté boucle) suite au sertissage perpendiculaire et servira à son tour à bloquer la deuxième perle.

Remonter ensuite la seconde perle en prenant soin de l’enfiler par dessus l’ergot de 3 à 5mm afin de protéger ce petit bout de nylon.

Voilà, la tête de ligne est maintenant terminée. Il ne reste plus qu’à réaliser le reste du montage et laisser libre cours à son imagination.
Voici quelques montages possibles :
Montage 1 pour mer agitée (permet l’utilisation de plombs grappins ou de plombs bombes) :
- couper le nylon à la longueur souhaitée
- insérer sur la ligne une perle-émerillon
- accrocher une agraphe à la perle-émerillon
- terminer le montage par un émerillon ou une boucle



Quelques plombs utilisables :

Montage 2 pour mer calme à peu agitée:
- couper le nylon à la longueur souhaitée
- insérer sur la ligne un plomb coulissant (olive, plomb bombe)
- terminer le montage par un émerillon ou une boucle

Quelques plombs utilisables :

Montage 3 :
- confectionner un montage en se basant sur le montage 1 ou 2
- positionner une empile fixe près de la partie haute du montage (point de raccord avec le fil sortant du moulinet)
Enfin je finalise le montage avec un trainard qui va être attaché à la tête de ligne. La constitution du trainard dépend de la force du courant et de l’état de la mer :
- par courant soutenu ou par mer agitée je privilégie un trainard en queue de rat. Par exemple 80 cm de 40/100, 60 cm de 35/100 et 40cm de 30/100.
- par mer plus calme le trainard sera plutôt composé de 40 cm de 40/100, 60 cm de 35/100 et 80 ou 100 cm de 30/100.
La longueur et le diamètre des nylons ne sont donnés qu’à titre indicatif et sont à adapter selon l’état de la mer. Il est aussi tout à fait possible de n’utiliser qu’un seul brin de nylon de même diamètre pour le trainard mais les risques d’emmêlement s’en trouvent multipliés, surtout avec des nylons de faible diamètre (inférieur à 24/100).
Dans le cas du troisième montage, l’empile peut se situer à 1 mètre ou plus du trainard. Ceci dit, même avec un trainard de plus de 2 mètres, je n’ai jamais eu d’emmêlement entre le trainard et l’empile, même si elle était située seulement à 1 mètre de la boucle. Une empile de 20 à 30 cm suffit, le diamètre étant à adapter en fonction de l’état de la mer.
Cette tête de ligne me permets donc de pêcher avec au moins trois montages différents et de cibler plusieurs espèces de poissons dont le loup, la dorade, le marbré, le sar. D’autres espèces peuvent également être capturées.
Remarque importante : il est tout à fait possible de réaliser ces montages avec un nylon de diamètre inférieur pour gagner en discrétion, mais pour obtenir une certaine rigidité de la boucle finale il faudra effectuer plus que 3 tours à travers la boucle initiale.
Bon bricolage,
Stéphane alias steph13



